traditions du Día de Muertos et de la Toussaint

À la fin du mois d’octobre, les rues se parent de décorations automnales et les vacances de la Toussaint commencent en France. Au Mexique, on prépare les autels du Día de Muertos. Au Portugal et en Italie, d’autres traditions marquent les premiers jours de novembre. Mais pourquoi retrouve-t-on autant de coutumes liées aux défunts à cette période de l’année ?

Quand on grandit dans une culture, certaines traditions nous semblent aller de soi. Puis, en découvrant celles d’un autre pays, on réalise que des gestes qui nous paraissent familiers peuvent prendre des formes très différentes ailleurs.

C’est particulièrement vrai à la fin du mois d’octobre et au début du mois de novembre. D’un pays à l’autre, on fleurit les tombes, on prépare des recettes particulières ou l’on se réunit en famille pour se souvenir des proches disparus.

Prenons le temps de découvrir quelques-unes de ces traditions, du Mexique au Portugal, en passant par l’Italie et la France.

Pourquoi célèbre-t-on les défunts à cette période de l’année ?

Pour comprendre ce rapprochement, il faut regarder du côté du calendrier chrétien.

Le 1er novembre, les catholiques célèbrent la Toussaint, une fête consacrée à tous les saints. Le lendemain, le 2 novembre, est dédié à la commémoration des fidèles défunts. Ces deux journées sont liées, mais elles n’ont pas exactement le même sens.

La commémoration des morts s’est développée au fil des siècles. À la fin du Xe siècle, le monastère de Cluny, en Bourgogne, a notamment joué un rôle important dans la diffusion d’une célébration des défunts le 2 novembre.

Au fil du temps, ces dates et les coutumes qui leur sont associées ont voyagé avec le christianisme, notamment vers les territoires colonisés par les puissances européennes.

Mais tout ne vient pas d’une seule tradition. Dans plusieurs cultures européennes, des fêtes saisonnières plus anciennes existaient déjà à cette période de l’année. Au Mexique, les peuples autochtones avaient également leurs propres rites liés à la mort et aux défunts, bien avant l’arrivée des Espagnols.

Le Día de Muertos tel qu’on le connaît aujourd’hui s’est formé au fil des siècles, à la rencontre de ces traditions et du calendrier catholique.

Voilà pourquoi plusieurs pays partagent des dates proches sans célébrer exactement la même chose. Les histoires se croisent, mais chaque culture a développé ses propres façons de faire vivre le souvenir.

Le Mexique célèbre le Día de Muertos avec des autels hauts en couleur

Pour beaucoup de personnes, le Día de Muertos est associé aux fleurs orange, aux bougies, aux crânes colorés et aux maquillages de calaveras. Mais derrière ces images très reconnaissables, il y a surtout une tradition familiale profondément ancrée dans la culture mexicaine.

Les 1er et 2 novembre, de nombreuses familles préparent une ofrenda, un autel dédié aux proches disparus. On y place leurs photographies, des bougies, des aliments qu’ils appréciaient de leur vivant et parfois des objets qui rappellent leur personnalité.

Les pétales de cempasúchil, une fleur orange emblématique de cette période, décorent les autels et les maisons. On y retrouve aussi le pan de muerto, un pain traditionnel préparé spécialement pour l’occasion, ainsi que du papel picado, un papier finement découpé qui apporte de la couleur aux décorations.

Les célébrations varient beaucoup selon les régions et les familles. Certaines se réunissent à la maison autour de l’autel ; d’autres se rendent au cimetière pour décorer les tombes et passer du temps ensemble.

Ce qui frappe souvent les personnes qui découvrent cette tradition, c’est la place accordée à la joie et aux couleurs. Le souvenir des défunts ne se limite pas au recueillement : il passe aussi par les histoires racontées, les plats partagés et les petits détails qui permettent de se rappeler qui étaient ces personnes.

Le Día de Muertos ne consiste donc pas simplement à « célébrer la mort ». Il s’agit aussi de garder une place aux êtres chers dans la vie de ceux qui restent.

Au Portugal, le Pão por Deus fait vivre une tradition de partage

Au Portugal, le 1er novembre est le Dia de Todos os Santos, autrement dit la Toussaint. Dans certaines régions, cette journée est associée à une coutume populaire appelée Pão por Deus, que l’on pourrait traduire par « pain pour Dieu ».

Le principe est simple : les enfants vont de maison en maison pour recevoir des aliments ou des friandises. Selon les endroits, ils peuvent rapporter du pain, des noix, des fruits, des châtaignes ou des petits gâteaux.

À Madère, par exemple, cette tradition reste associée aux sorties des enfants le jour de la Toussaint, avec leurs sacs remplis de gourmandises.

Les pratiques ne sont pas identiques partout au Portugal, et elles évoluent aussi avec le temps. Mais cette coutume garde quelque chose de très concret : les voisins ouvrent leur porte, donnent quelques douceurs et participent à un rituel transmis d’une génération à l’autre.

C’est une autre manière de marquer cette période de l’année. Là où les autels mexicains occupent une place centrale dans certaines célébrations, le Pão por Deus se vit notamment dans les rues et au fil des rencontres entre voisins.

En Italie, Ognissanti et la Festa dei Morti mêlent recueillement et gourmandises

En Italie, le 1er novembre est appelé Ognissanti, et le 2 novembre est consacré à la commémoration des défunts, souvent appelée Festa dei Morti dans le langage courant.

Comme en France, de nombreuses familles se rendent au cimetière pour déposer des fleurs sur les tombes. Mais cette période est également associée, dans plusieurs régions, à des spécialités que l’on prépare ou que l’on trouve chez les pâtissiers à cette occasion.

Parmi elles, les fave dei morti et les ossi dei morti sont particulièrement connus. Leurs noms signifient respectivement « fèves des morts » et « os des morts ». Ce sont des biscuits traditionnels dont les recettes et les formes varient selon les régions.

Difficile de parler d’une seule tradition italienne : entre les spécialités locales, les habitudes familiales et les coutumes propres à chaque ville, les différences sont nombreuses.

Et c’est justement ce qui rend la découverte de l’Italie si intéressante. Derrière un même calendrier, on trouve une multitude de traditions locales, parfois très anciennes, qui continuent d’être transmises autour d’une recette, d’un repas ou d’une visite au cimetière.

En France, la Toussaint est l’occasion de fleurir les tombes

En France, le 1er novembre est un jour férié. Beaucoup de familles profitent de cette journée pour se rendre au cimetière et fleurir les tombes de leurs proches.

À cette période, les chrysanthèmes sont partout chez les fleuristes. Ils sont devenus étroitement associés à la Toussaint, même si cette habitude s’est développée au fil du temps et que les pratiques varient d’une famille à l’autre.

Il y a toutefois une petite différence à connaître : la Toussaint, le 1er novembre, est consacrée à tous les saints, tandis que le 2 novembre est le jour de la commémoration des fidèles défunts. Dans la pratique, les visites au cimetière ont souvent lieu le 1er novembre, puisque c’est un jour férié.

C’est aussi de cette fête que viennent les vacances scolaires de la Toussaint, bien connues des familles en France.

Comparée aux célébrations mexicaines, la Toussaint peut sembler plus discrète. Pourtant, elle aussi est marquée par des gestes qui se transmettent au sein des familles : déposer des fleurs, entretenir une tombe, se retrouver et raconter des souvenirs.

Du Mexique à la France, des traditions différentes pour faire vivre les souvenirs

En regardant ces quatre pays, on comprend mieux pourquoi la fin octobre et le début novembre sont si particuliers dans de nombreuses cultures.

Au Mexique, les ofrendas donnent une place aux souvenirs et aux objets personnels. Au Portugal, le Pão por Deus fait vivre une tradition de partage. En Italie, les visites aux cimetières côtoient des spécialités régionales. En France, les chrysanthèmes restent associés à la Toussaint.

Ces coutumes ne racontent pas toutes la même histoire et ne viennent pas toutes de la même origine. Mais elles nous donnent un aperçu de la manière dont les sociétés transmettent leurs traditions et gardent une place aux personnes qui les ont précédées.

Et parfois, c’est en découvrant les habitudes d’un autre pays que l’on commence à regarder les siennes autrement.

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